YSERHOUCK Le patrimoine flamand

Volckerinckhove

VOLCKERINCKOVE

Village Patrimoine

Comme la plupart de nos villages de Flandre, la tradition populaire donne à l’origine du nom de Volckerinckhove des significations qui ne sont pas forcément scientifique mais se transmettent de génération en génération depuis la nuit des temps.

St Folquin, évêque de Thérouanne, cousin de Charlemagne, mourut à Esquelbecq en 895. Le convoi mortuaire en route pour la cité épiscopale s’arrêta une nuit à Volckerinckhove. St Folquin devint ainsi le patron de la paroisse et Volckerinckhove hérita de son nom: « Folkin’s hof » ou jardin de St Folquin.

En fait Volckerinckhove signifierait: maison de la famille FULKAHARI. Le suffixe HOVE désigne un enclos, un potager, une prairie entourée de haies.( A.DEVEYER)

La première mention écrite que l’on ait retrouvé n’est pas antérieur au XIIème siècle: Folcringuehove en 1164, mais on retrouve surtout le nom après 1200.

1218 Folchringhova: charte de la comtesse Jeanne

1299 Foukelinchove: 3e cartulaire de Flandre

1330 Wolcrincove: manuscrit de la bataille de Cassel

1560 Volcherinchove: formation de l’évêché d’Ypres

On a peu de renseignements sur les seigneurs de Volckerinckhove. Il n’y eu pas dans le village de seigneuries puissantes. Volckerinckhove dépendait de la châtellenie de Cassel et ceci depuis 1287. Elle constituait aussi une des 4 communes de la West-Vierschare ( avec Broxeele,Rubrouck et Lederzeele). La Vierschare était la cour de justice en premier ressort, pour les délits mineurs, la cour de Cassel jugeait les délits plus importants.

On sait peu de choses concernant le passé du village. Les restes romans de l’église donnent une idée de ce que fut la basilique de XII ème siècle, massive, construite en moellons calcaires.

L’ÉGLISE

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L’église de Volckerinckhove est une hallekerque non achevée, ce qui offre le rare avantage de nous faire découvrir l’évolution qu’ont subies la plupart de nos églises qui sont aujourd’hui ces magnifiques bâtiments à trois nefs caractéristiques de la région.

On sait en effet que la hallekerque est constituée de trois nefs de dimensions identiques ou voisines recouvertes de trois toitures accolées. A Volckerinckhove, l’une des nefs (la nef Sud) ne s’étire que sur un tiers est de l’église, elle est souvent appelée courte nef. Ainsi la nef centrale a un mur extérieur sur une bonne partie de sa longueur. Ce mur, qui aurait disparu si la nef sud avait été achevée, permet d’expliquer les étapes de la construction de l’édifice.
Il a en effet conservé son aspect originel et trahit l’origine romane de l’église. Cette partie du monument a été érigée au XIème siècle, en pierre de taille, calcaire de l’Artois. On a là une architecture romane des premières époques sans ornementation. Dans la partie inférieure du mur, on distingue nettement les arcades romanes en plein cintre qui ont été murées puis percées de fenêtres ogivales. Dans la partie supérieure, de petites fenêtres ont conservé leur forme originale, elles éclairaient le haut de la basilique romane. Sous ces fenêtres un auvent marque l’emplacement du haut d’une toiture qui recouvrait un bas côté dont on a retrouvé les fondations il y a une centaine d’années.

Dans la partie supérieure, de petites fenêtres ont conservé leur forme originale, elles éclairaient le haut de la basilique romane. Sous ces fenêtres un auvent marque l’emplacement du haut d’une toiture qui recouvrait un bas côté dont on a retrouvé les fondations il y a une centaine d’années. Le gros clocher carré, également en pierre calcaire, se situait alors à l’extrémité de l’église, orientée d’ouest en est. L’ensemble de l’édifice mesurait extérieurement environ 30 mètres sur 14 (les murs ont près de 1 mètre d’épaisseur). La nef avait 8 mètres de large, les deux bas côtés, 3 mètres, le solide clocher 8 mètres de côté et 15 mètres de haut, les murs de la nef ont une hauteur de 8 mètres.
Sobre et solide, l’église romane a sans doute remplacé un précédent lieu de culte en bois, torchis et chaume qui aurait pu remonter aux premiers temps de l’évangélisation.

La modeste église romane a été considérablement agrandie aux XVIème et XVIIème siècles par le rajout d’une seconde nef puis par la prolongation des nefs au-delà du clocher.

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La seconde nef – nef nord – est sensiblement de même dimension que la nef primitive, la date de 1550 inscrite sur une des poutres correspond probablement à l’année de construction. Le bâtiment construit en lits de briques jaunes alternés de pierres calcaires, sans doute récupérées du mur primitif démonté, a cependant une toiture plus élancée que la première nef, il est percé de grandes fenêtres ogivales. C’est probablement la nécessité d’un local plus vaste, adapté à une population croissante qui a motivé la construction de cette seconde nef qui s’arrêtait primitivement au niveau du clocher. Cette nef fut prolongée par la suite simultanément à la construction de la nef sud et au prolongement de la nef centrale, plus basses que les constructions précédentes, elles ont probablement été érigées au milieu du XVIIème siècle, la date de 1661 est visible sur la maçonnerie extérieure de la courte nef (nef sud). La maçonnerie construite également en briques de sable, est percée de fenêtres gothiques plus petites que les précédentes et peut-être mieux proportionnées.

Contre la nef nord une chapelle édifiée en 1894 dénote et surprend par son style néogothique bien qu’en soit elle ne manque pas d’allure.

Aucune inscription ne permet de dater la flèche de la tour. Elle fut restaurée en 1893, cette restauration occasionna d’ailleurs l’effondrement de 52 m2 de toiture d’une nef ! Le clocher est réputé lourd et massif. La flèche a pourtant une hauteur de 15 mètres doublant ainsi la hauteur de la tour. Il ne dénote cependant pas d’avec le reste de l’édifice. La suppression des abat-son, il y a une quarantaine d’années, a légèrement modifié la silhouette de la flèche (ils ont été supprimés afin de diminuer le bruit des cloches qui importunait quelques voisins !…).

Ce clocher a failli disparaître il y a une centaine d’années, un projet ambitieux de reconstruction au-dessus du porche d’entrée avait été élaboré ainsi que la prolongation de la courte nef, afin d’obtenir une hallekerque à part entière. Le clocher de l’église n’est malheureusement pas visitable car on y accède par une échelle fort incommode, mais il nous révèle une tour puissante qui n’a pas vieilli depuis prés de 1000 ans, la charpente fort solide abrite 2 cloches. L’une datant de 1751 qui fut refondue en 1825 en même temps qu’une seconde, elle pèse 968 kg, l’autre 696 kg. Elles furent fondues sur place par la firme Garnier et Drouot. Elles furent baptisées Bertine-Françoise et Jeanne-Adélaïde.

Enfin le pignon de l’édifice vient (1993) d’être totalement reconstruit avec les matériaux d’origine (pierres et briques jaunes). Celui-ci notamment très fragilisé par le percement de grandes baies avait un important défaut de verticalité. Bien que menée avec bonheur, la reconstruction n’a pas suivi les recommandations de la Direction Départementale des Monuments Historiques (il est vrai que le monument n’a pas la chance d’être classé). On peut peut-être simplement regretter la construction d’un porche moderne qui n’a pas préservé la marque du porche roman d’origine qui était encore visible dans l’ancienne maçonnerie. On ne peut cependant pas parler ici de mauvais goût. Ce qui fut certes le cas d’un mini projet de 1858, l’anecdote vaut d’être citée. Le 18 novembre sur les instances de l’archiprêtre de Bergues, le sous-préfet demande au préfet d’intervenir près de la municipalité  » … urinoirs qu’il a fait placer contre le mur de la façade de l’église de chaque côté de la porte d’entrée et sur les inconvénients que ces urinoirs présentent au point de vue de la décence et de la salubrité ».

On remarque, adossé au pignon de la courte nef, un beau calvaire en bois de la fin du XVIIIème siècle avec une peinture rurale de la vierge et de St Jean. Le tout fut restauré il y a quelques années par l’association YSER HOUCK. Non loin de là on trouve une pierre gravée, scellée dans le mur qui évoque le souvenir des deux abbés Derudder qui furent longtemps prêtres de la paroisse pendant et après la tourmente révolutionnaire (voir revue Yser Houck N°14 page 30). Une autre pierre du XVIIIème siècle rappelle la mémoire d’un autre curé de la paroisse, en un texte flamand devenu illisible :
« Gedachtenisse van d’Heere en meester Franciscus de St Gillis, pastor deser prochie 24 jaeren ende seven maenden, overleden in den derden 7 ber 1785. Beminde inwoonders van Volckerinckhove, bidt God dat uwen herder in vrede ruste, amen « .
(Mémoire du sieur et maître François de St Gilles curé de cette paroisse 24 ans et 7 mois, décédé le 3 septembre 1785. Bien aimés habitants de Volckerinckhove priez Dieu que votre pasteur repose en paix)

Avant de pénétrer dans le sanctuaire, il ne faut pas manquer de faire le tour du cimetière qui vous révélera le nom des vieilles familles du lieu qui sont à vrai dire toutes alliées par des liens de sang. Le cimetière « Kerkhof » (enclos de l’église) clos d’une traditionnelle haie d’aubépine qui ceint l’église contribue à donner au lieu un caractère paisible.

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Pénétrant dans l’église par le grand porche on se trouve dans un édifice clair et aéré qui est une invite à le parcourir tranquillement. A l’opposé de l’entrée, on aperçoit les autels entourés de leurs retables, mais la vue est quelque peu coupée par les quatre énormes piliers de 2 à 4 mètres de côté qui portent le clocher, les piliers situés à la jonction des nefs nord et centrale en paraissent d’autant plus minces. Le plafond des nefs qui culminent à plus de 11 mètres est en lambris de plein cintre datant du début du XIXème siècle, ils remplaceraient un plafond ogival dont on discerne la trace sous la charpente des toitures cependant la nef centrale était dotée d’un plafond plat. Le bas des murs fut à la même époque garni de boiseries qui ont été supprimées il y a quelques années. Ils sont maintenant entièrement recouverts d’un cimentage. Un détail architectural inclus dans la maçonnerie de la partie est de l’édifice mérite cependant d’être mentionné, il s’agit de séries de renfoncements trigermes ogivaux d’1 mètre 50 à 2 mètres de hauteur et dessinés en briques et pierres lors de l’édification des murs (XVIIème siècle).

Les vitraux qui ornent les grandes fenêtres ogivales datent de 1890-1894, 1895 pour la nef sud, ils furent confectionnés grâce aux dons de paroissiens (Benoît Monsterleet, Louis Vandenkerckhove, l’abbé Peenaert, M. et Mme Woets-Leurs). Ils représentent des Saints, la vierge ou simplement des motifs floraux. Les deux vitraux du chœur sont remarquables notamment par leurs couleurs. Tous sont l’œuvre de la firme Latteux-Bazin dans l’Oise, une mention spéciale peut-être faite également pour le vitrail moderne placé dans le pignon rénové.

La principale curiosité de l’église de Volckerinckhove est une série de 27 embouts de poutre ou blochets situés au bas des plafonds. Ils sont en bois, sculptés de têtes toutes originales et remarquables. Nous avons en fait des types de sculptures différentes, on y trouve des bustes tenant un écu, puis des visages plus ou moins gais ou grimaçants, voire des diables tous très expressifs et enfin une dernière série de visages dessinés beaucoup plus grossièrement  suggérant d’avantage      des masques, probablement gravés au XVIème siècle, ces  sculptures valent à elles seules une visite de l’église.

Autres curiosités, trois « entraits », poutres en chêne servant de tirant en haut des murs, magnifiquement sculptées d’épis ou de fleurs stylisées, placées dans la nef nord, l’une d’elle porte le millésime de 1550.

Au fond de cette même nef, se trouvent les fonds baptismaux, constitués d’un bloc de marbre noir, longtemps resté à l’état brut, il fut ciselé vers 1850. Son couvercle en bois était jadis couronné d’une sculpture de St Jean Baptiste baptisant le Christ, du XVIIIème siècle. Les fonds baptismaux sont fermés par une belle grille en fer forgé confectionnée au milieu du XIXème siècle, offerte par des paroissiens et exécutée par Pierre Willaeys de Cassel.

La tribune de l’orgue se trouve au-dessus de l’entrée de l’église. Elle est classée avec le buffet à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, l’orgue qui date de 1840 a été démonté lors des travaux de réfection du pignon en 1992 et est en attente de remise en place.

Un confessionnal en bois sombre aux lignes sobres, situé contre le mur nord à son pendant dans la courte nef, il est surmonté de la tiare papale. Sur le mur sud se trouve la chaire du XVIIIème siècle avec sur quatre panneaux des sculptures de bonne facture des évangélistes accompagnés de leurs symboles

Il y a encore quelques années l’église de Volckerinckhove, avait la chance de posséder une série de statues en bois du XVIIIème siècle, St Roch, Ste Anne, la Vierge à l’enfant, Jésus flagellé. Elles furent volées, aussi ne reste-t-il plus guère de statues anciennes dans l’édifice. Les statues en plâtre de Ste Catherine ou de l’enfant Jésus placés sur des socles destinés à être portés lors des processions témoignent des fastes de ces cérémonies jadis si suivies ; de même que le dais, tout en dorure, exposé dans la courte nef. Il date de 1819 : « Mémoire de Jacques Leurs et de Dame Françoise Derudder son épouse », peut-on y lire. Il remplace un dais ancien qui figure dans l’inventaire des biens de l’église dressé à la Révolution. Les bannières accrochées dans le chœur gardent aussi le souvenir des anciennes cérémonies : bannières en l’honneur de la vierge, de St Folquin, de l’Enfant Jésus, du St Sacrement ou des morts.

A l’entrée du choeur, le banc de communion qui porte également la date de 1819, rappelle la mémoire de paroissiens donateurs : la famille Claerboudt – Langhetee et Lippens « Notaire » – Arnoudts. En fer forgé, il est d’un modèle classique dans la région mais pas sans élégance.

Bien sûr les autels avec leurs retables sont essentiels parmi le mobilier de l’église. Le retable Nord est classiquement dédié à la vierge, plus précisément au Rosaire, il fut probablement érigé au XVIIIème siècle mais remanié au XIXème. Les statues du Rosaire, de Ste Anne et de St Joachim (Père de la Vierge) sont en plâtre du XIXème siècle. La scène de l’Annonciation sculptée sur le devant de l’autel (l’antépendium) est du XVIIIème siècle de même que les têtes d’angelots au sommet du retable. Une partie du retable est malheureusement fort dégradée par l’humidité.

Le Maître-autel ne date que de 1815, mais exécuté façon XVIIIème siècle. Les boiseries qui couvrent les murs, derrière l’autel sont de la même époque, elles sont en bois sombre, ciré, orné de motifs dorés. En leur centre domine une grande sculpture en bois de St Folquin, tout en mouvement dans un drapé, blanc et or. Elle fut exécutée par M. Deblonde sculpteur à Eecke. Quatre autres statues en bois, peintes en blanc, reposent sur quatre colonnes corinthiennes : ce sont St Pierre, St Paul, St Vincent de Paul et St François Xavier.
Ces statues ainsi que les chapiteaux, plus anciens, ont été réinstallés dans le nouveau lambris . Sur la voûte, Dieu le père rayonne en bas relief de bois polychrome du XVIIIème siècle.

Sur le côté du choeur, deux panneaux de bois sculptés représentent : l’un le reniement de St Pierre, il date de 1722, l’autre St Cornil en prière (1715). A quelques pas de là on trouve une belle statue de Ste Cécile.

L’autel et le retable de la nef sud sont consacrés à St Blaise et St Nicolas. Le retable en bois peint en faux marbre, date de la fin du XVIIIème, il est le plus beau de l’église. Il est constitué de quatre colonnes. En son centre un vaste tableau représente le martyr de St Blaise, les bourreaux l’étrillent alors que ses habits d’évêque gisent épars. L’œuvre est de Henri Bisschop, il fut payé 186 livres Parisis en 1698 (comptes de l’église). L’autel et le tabernacle sont plus récents que le retable, ils peuvent être datés du milieu du XIXème siècle. Sous l’autel se trouvait jadis une mise au tombeau réputée comme le plus beau mobilier de l’église et le plus ancien. En haut du retable, le buste reliquaire de St Blaise du XVIIIème siècle fut posé dans une niche qui d’évidence ne lui était pas destinée, sur les côtés se trouvent les statues de St Eloi et de St Nicolas. Le retable était jadis appelé retable de St Nicolas alors qu’un autre petit autel avec un retable appuyé à un pilier de la tour, était consacré à St Blaise, il a disparu il y a quelques années, le buste de St Blaise s’y trouvait.
Une neuvaine à St Blaise et une autre à St Roch se tenaient jadis dans l’église, elles remontaient dit-on à 1636, année où la peste décima le village, ces neuvaines furent supprimées « en raison de certains abus » écrivit-on laconiquement. Aujourd’hui subsiste une neuvaine à St Folquin en décembre de chaque année.

Enfin, il faut mentionner les dalles sépulcrales scellées dans le dallage, elles sont aujourd’hui presque illisibles. Le dallage est en marbre de Basèque posé en 1875 en remplacement d’un plus ancien. Il fut offert par un paroissien. La propriété de l’ancien carrelage fut d’ailleurs l’objet d’un fameux procès intenté par les héritiers du donateur. La dalle située en face du maître autel est consacrée à un prêtre : « D.O.M. Hier Light begraeven d’heere en Meester Ghisbertus Nybelen filius Martini ende Caéciliae Van Vlierbeek ghebortig van de prochie van Bengenraet Bisdom van Ruremonde priester geweest den tyd van 45 jaeren ende 9 maenden ende pastoor deser prochie van Volckerinckhove 40 jaeren ende 5 maenden gestorven de 7 julie 1727 oudnesende 75 jaeren 4 maenden ende 25 dagen Christies almaghtigh, zyt nybelen eeuwigh ghedagtigh ». (D.O.M çi gît le sieur et Maître Ghisbert Nybelen fils de Martini et Caeciliae Van Vlierbeek natif de la paroisse de Bengenraet, diocèse de Ruremonde, a été prêtre 45 ans et 9 mois et curé de Volckerinckhove 40 ans et 5 mois, décédé le 7 juillet 1727 âgé de 75 ans 4 mois et 25 jours. Christ tout puissant souviens toi éternellement de Nybelen).

Une autre plaque est consacrée à des notables de la commune : « D.O.M. Begraef plaetse van d’Heere Joannes Jacobus Bruyninck filius d’Heere Jacobus Geprocreert by J. Olyve Cosyn , heere van’t Ruybroot in zyn leven voorschepen deser prochie overleden den 23 Maerte 1730 in den ouderdom van 36 Jaeren in houwelycke hebbeden J. Marie Catherine fa d’H. Cornelis Ludovicus Gars overleden 26 februarus 1762 in den ouderdom van 60 Jaeren, die gefondeert heeft in dese kerke twee eeuwige Jaergetyden’t elken jaere te celebreeren op haaeren stirfdag, een voor haer en een voor haeren man en Zoone, ende zy hebben ‘t samen geproceert twee kinderen. te weten, d’Heere Carolus Jacobus Josephus Bruyninck heere van’t Ruybroot, Bailliu van de koninklyke West-vierschaere overleden Jongman de 16 junius 1761 in den ouderdom van 33 jaeren ende Marie Joanne Bruyninck oveleden den… in de ouderdom van… Jaeren in houwelycke met d’H Carolus Valentyn Quekebyl heere van Orval, Collegiael van den Hove Van Cassel, woonachtig tot Zegers Cappel – Bid god voor hunne zielen ».
(Sépulture de M. J. Jacques Bruyninck fils de M. Jacques, procrée près Jeanne Olyve Cosyn, Seigneur de Ruybroot, de son vivant premier échevin de cette paroisse décède le 23 mars 1730 à l’âge de 36 ans marié à dame Marie Catherine, fille de M. Cornil Louis Gars décédée le 26 janvier 1762 à l’âge de 60 ans qui a fondé en cette église 2 anniversaires perpétuels à célébrer chaque année le jour de son décès, un pour elle et un pour son mari et son fils, et ils ont procrée ensemble deux enfants.
Savoir M. Charles Jacques Joseph Bruyninck seigneur de Ruybrood, Bailli de la West Vierschaere royale, décédé célibataire le 16 juin 1761 à l’âge de 33 ans et Marie Jeanne Bruyninck décédée le …. à l’âge de …. mariée à M. Chardes Valentin Quekebyl seigneur d’Orval, Collégial de la cour de Cassel, demeurant à Zegers Cappel. Priez pour leurs âmes).
On remarquait jadis que tous les mots rappelant des titres de noblesse avaient été abîmés.

Une troisième pierre porte l’inscription : « D.O.M. Hier light begraeven Jacob Drieux filius Jans, overleden op den 29 augustus in’t jaer 1727, outwesende 75 jaeren ende light ook hier begraeven Marie Vergriete filia Nicolais, syne Huysvrouwe, overleden op den 8 september in’t jaer 1726, outwesende 69 jaeren. Sy hebben saemen in’t huwelick geweest den tyt van 45 jaeren, sy hebben naeghelaeten 5 kynderen, te weten Jan-Baptiste, Pieter, Michiel, Jacobus ende Nicaesen. Bidt godt voor de Siele 1727. »
(Ci gît enterré Jacob Drieux fils de Jan décédé le 29 août 1727 âgé de 75 ans et gît également enterrée Marie Vergriete fille de Nicolaïs, sa femme, décédée le 8 septembre 1726, à l’âge de 69 ans Ils ont été marié ensemble 45 ans, et ont laissé 5 enfants : Jan-Baptiste, Pieter, Michiel, Jacobus et Nicaesen. Priez Dieu pour l’âme. 1727.)
Enfin une dernière pierre est placée dans la courte nef : « D.O.M. , Hier lighbegraeven Adriaen Piers filius Robert oudt 76 jaeren, overleden den 12 october 1724, den welcken int houwelick is gheweest den tyt van 51 jaeren en 6 maenden, den welcken heeft gheprocreert 5 kynderen, te weten Adriaen, Robert, Joanne, Mary ende Franchoyse met Joanne Deswarte zyn huysvouwe fa Willam oudt … Jaerlen, overleden den…. Bidt Godt voor hunne zielen. »
(Ci gît enterré Adriaen Piers, fils de Robert âgé de 76 ans, décédé le 12 octobre 1724, lequel a été marié le temps de 51 ans 6 mois, lequel a procréé 5 enfants à savoir : Adriaen, Robert, Joanne, Mary et Franchoyse avec Joanne Deswarte son épouse fille de Willam, âgée de …. ans, décédée le …….. Priez Dieu pour leurs âmes.)

En conclusion, on peut dire que par l’église de Volckerinckhove on peut se faire une bonne idée des églises de Flandre ; de leur évolution durant les siècles, de leur architecture, de leur richesse en mobilier, encore que l’église de Volckerinckhove ait perdu depuis un siècle une bonne partie de ses richesses : tableaux, statues, boiseries… C’est toutefois un édifice soigné par la communauté locale qui, là aussi comme dans les autres villages de Flandre, est attachée à son église d’autant qu’au-delà de l’aspect religieux, les habitants découvrent de plus en plus la facette artistique, historique et témoignage du passé local.

LE VILLAGE

Volckerinckhove petit village rural n’a jamais porté de château assez important pour avoir retenu l’attention des scribes, le village se contente de quelques maisons de maître qui prouvent que l’on y vécu confortablement du fruit de terres fertiles.

Trois moulins écrasaient les blés des campagnes, le dernier qui cessa de moudre en 1934, fut abattu en 1969, il aurait peut-être encore pu être restauré. Le bâtiment avait une longue histoire, il fut fabriqué en 1768, il se dressait alors près du village sans doute au lieu-dit Oost Meule Veld ( champs du moulin de l’est), plus tard il fut déplacé 1 km plus au sud. Certaines pièces rapportées, suite à des réparations portaient même la date de 1727. Les deux autres moulins du village disparurent en 1882 et 1898.

 

 

Parmi les anciennes constructions de la commune encore existantes on doit citer l’ancienne auberge du Cygne qui date de 1746.

Il y a également une chaumière remarquablement conservée, cachée dans son cadre de verdure ( qu’elle a toutes les chances de perdre très prochainement!) qui porte la date de 1616

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Volckerinckhove qui fut une commune rurale l’est encore aujourd’hui et elle subit de plein fouet les problèmes de la ruralité française: dépopulation, fuite des emplois, crise de l’agriculture… On y compte aujourd’hui moins de 497 habitants pour 988 hectares ( soit 50 habitants au km2, en 2010).

C’est donc un des villages les moins peuplés du secteur. Les agriculteurs eux-mêmes sont de moins en moins nombreux et leurs nouvelles techniques culturales se font parfois au dépend de la nature et des paysages.

Pourtant Volckerinckhove reste un village où il fait bon vivre et cela on le doit sans doute en partie au fait que la population soit restée stable, on se retrouve un peu comme dans une grande famille ; famille dynamique si l’on en croit le nombre d’associations actives qui émaillent la vie de la collectivité.

En 2009 , le village a obtenu de part son patrimoine ancien ( église , maisons et chapelles ..) et « nouveau » comme la Chaumière de 1682 reconstruite à l’identique , le moulin à cheval , de part aussi ses atouts touristiques comme ses restaurants , cafés ( dont un café Rando ) ses commerces ainsi que les circuits de randonnées

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et de ce fait un circuit de découverte du village a été créé  avec 9 panneaux qui expliquent les éléments importants .

Accéder au site internet de ce village