YSERHOUCK Le patrimoine flamand

Noordpeene

NOORDPEENE

village Patrimoine

Noordpeene, dont le nom indique sa localisation au nord de la Peene becque, est situé en Flandre intérieure. Les premières traces écrites apparaissent dans le cartulaire de Bourbourg en 1114 sous la forme de Norpenes puis Northpenes en 1139, en 1318 dans le partage de Robert de Cassel apparaît Nortpenes. Au XIIIème siècle, Michel de Boulers, connétable de Flandre, fait don à l’abbaye de Watten d’une partie de ses propriétés sises à Noordpeene. A la même époque, l’abbaye de Bourbourg y avait des terres seigneuriales avec cour de justice.

 

La bataille de la Peene, livrée en 1677, commença sur le territoire de Noordpeene; mais le plus fort du combat eut lieu sur le territoire de Zuytpeene( à l’époque, Noordpeene et Zuytpeene ne formaient qu’un seul domaine sous le nom de Peene). Elle opposa l’armée du roi de France Louis XIV aux troupes coalisées des Pays-Bas, de l’Espagne et de l’Angleterre conduites par Guillaume d’Orange. La victoire française entraîna en 1678, par le traité de Nimègue, le rattachement à la France de la châtellenie de Cassel. Un obélisque dressé sur la R.D. 138 à la limite des 2 communes commémore l’événement.

 

 

Au cœur du village, on aperçoit au travers des arbres le château « La Tour ». Élevé sur une motte rectangulaire entourée de douves, le château de la Tour remplace un édifice détruit à la fin du XVème siècle. Il abrita Turenne qui y dirigea une des batailles de Cassel et Louis XV au retour d’un voyage dans les Flandres.

 

De l’ancienne église subsiste seul, le clocher, qui à l’origine se trouvait au centre de l’église à la croisée du transept. Ce clocher, comme presque tous les clochers flamands, a, malgré son élan, la faiblesse que la flèche n’est pas incorporée à la tour. construite un peu en retrait sur la plate forme pour laisser un passage entre la maçonnerie et la balustrade, la flèche a un diamètre trop petit par rapport au diamètre total, de là cette inharmonie à laquelle l’œil ne s’habitue jamais complètement.

 

Dans l’église Saint Denis, les fonts baptismaux sont du XIIème siècle. Les faces de la cuve baptismale sont ornées de curieux bas-reliefs. De face, Adam et Ève en barquette, commence leur voyage vers le port éternel, mais à droite, sous forme de basilic ailé à longue queue, le démon machine leur perte : à gauche, un autre monstre assaille l’homme de ses tentations et l’entraîne dans un honteux esclavage. Sur l’autre frise : entre 2 dragons, une colombe heureuse d’avoir échappée aux griffes du démon, nettoie ses ailes : image de l’âme sauvée par le baptême. A la troisième frise, entre 2 terribles dragons, St Denis, patron de l’église dont on a coupé la tête et qui selon la légende, l’a ramassée et prise dans ses mains avant de mourir. L’église de Noordpeene conserve, scellée dans le mur nord près des fonts baptismaux, la pierre tombale d’un des seigneurs du lieu, bauduin de la Tour et sa femme Lyonne de Ghistelles-Esquelbecq.

Sur le C.D.55, du monastère de l’ordre des Guillemites, établi à Noordpeene vers 1468, il ne reste plus que la toponymie » ferme du couvent » pour le rappeler, ses bâtiments ayant été rasés en 1793.

 

A l’entrée du village se trouve la chapelle Notre-dame de Lourdes. Il faut lire sur la façade: 1879 Ad majorem Mariae Gloriam, et de chaque côté de la porte: « Ce sanctuaire sous le vocable de Notre-dame de Lourdes fut élevé par la famille Duvet en l’honneur de la Vierge Marie dans la 25ème année de la proclamation du dogme de l’immaculée Conception ». » Par délégation de son excellence le cardinal archevêque de Cambrai, monsieur le doyen de Cassel bénit solennellement cette chapelle le 29 septembre 1879 en la fête Saint Michel, sous le pontificat de Léon XIII ».

Quelques personnages célèbres sont nés à Noordpeene. Citons Matthieu ELIAS, peintre qui travailla beaucoup à Dunkerque et à Ypres. Paul HAZARD. Camille LOOTEN, oncle de Paul Hazard et président du comité Flamand de France pendant près de 50 ans. Enfin Jean-Baptiste VANGREVELYNGHE, dit TISJE-TASJE. Né à Buysccheure le 13 avril 1768, décédé à Noordpeene le 25 novembre 1842. Installé à Noordpeene à l’âge de 12 ans, il fut pendant 6 ans domestique dans le couvent prospère des Guillemites où il reçut une excellente éducation. Il fut chargé de rédiger le cahier de doléances à la révolution. Tisje- Tasje, Tisje pour Baptiste, Tasje parce qu’il était colporteur de son état et qu’il vendait des tasses. Mais il racontait aussi en flamand de savoureuses histoires.